Derrière les masques

« Que de masques l’homme doit mettre pour ne pas sentir les coups sur son visage. »
Stanislaw Jerzy Lec, Nouvelles pensées échevelées, 2011.

C’est aussi avec des fils que l’on recoud les épisodes de son passé et il arrive d’emprunter à la création un bout de patron. Sainte emmurée que l’on fait apparaître le temps d’un défilé pour mieux catharsiser les scories des maladies dues aux
non-dits. Le tissu protège autant qu’il embellit et permet de changer de vie.

Pour l’heure, elle coud des sourires sur des masques anonymes post-confinement. Elle, c’est Anne. Elle lit, beaucoup, écrit, aussi et costume au théâtre de Bordeaux.
Tout contre le « Cétegal » dont elle est l’auteure, c’est sans leurres qu’Anne nous dévoile ce qu’il y a derrière le NON – son
« non » car la vérité est une hypothèse satisfaisante.
Bienvenue chez celle qui a l’exubérance de son honnêteté et de ses choix radicaux pour une rencontre matinale en sa terrasse ombragée où se se côtoient cuillères en argent et cales de bois parmi les effluves de chèvrefeuilles tricolores et genets couleur d’été.

En cette période marquant le début d’un confinement sociétal, certains ont gardé leur ouverture grâce à un esprit libre, générateur d’autonomie et de créativité partagées. Nous vous avons offert à entendre Anne, costumière dans sa participation au théâtre de la vie. C’est au sein d’une petite communauté amicale de Soumont, dans l’Héraut, là où le paysage se fait reflet de toutes les nuances des couleurs de la vie qu’elle questionne en souriant les masques sociaux du quotidien.